ECLAIRAGE

Les besoins en lumière de la personne déficience visuelle sont variables selon la pathologie, l’état de fatigue, le moment de la journée et la tâche à effectuer : éplucher des légumes ne demande pas la même luminosité que pour bricoler ou lire. Certaines personnes seront en situation de confort dans un environnement peu éclairé, voire dans une relative pénombre, alors que d’autres chercheront à être dans une ambiance lumineuse très importante.

Nous parlons alors de photo-dépendance : la vision est très fluctuante selon la qualité, la quantité et l’orientation de la lumière.

Cette hyper ou hypo sensibilité peut entrainer des sensations très douloureuses, des temps d’adaptation à la lumière augmentés (passage ombre-soleil).

L’amélioration de la qualité de l’éclairage favorise une meilleure exécution des tâches, une diminution des symptômes visuels et de la fatigue visuelle.

DEFINITION de l’ « AIDE ECLAIRAGE »

Voir c’est utiliser son environnement grâce à la lumière (Pr. Génicot, Docteur en neuro-psycho-physique – Liège).

L’objectif de l’adaptation « éclairage » est d’aménager l’environnement lumineux dans lequel agit la personne déficiente visuelle en intervenant sur :

  • l’éclairage naturel : quantité et orientation du flux lumineux
  • l’éclairage artificiel :
    • type de lampe (fluorescente, incandescente, halogène…),
    • type de luminaire (plafonnier encastré ou suspendu, lampadaire sur pied, applique murale) permettant un éclairage direct et/ou indirect et type de réflecteur (grille parabolique, micro-perforée ou prismatique)
    • quantité (intensité, éclairement obtenu) et qualité (température de couleur)
    • emplacement et orientation

Les principes de l’aménagement d’un éclairage adapté sont :

  • Apporter une quantité suffisante mais modulable (le plus souvent les personnes avec une faible vision ont des besoins en éclairage multipliés par 2 à 3 par rapport aux normes d’accessibilité)
  • Rechercher l’homogénéité de l’éclairage général,
  • Eviter l’éblouissement direct (source lumineuse vue par l’œil) ou indirect (réfléchissement du flux lumineux sur une surface),
  • Eclairer particulièrement un objet ou un lieu spécifique pour agir.

VIGILANCE

Des essais sont indispensables : le confort et les besoins visuels sont propres à chacun et la personne malvoyante n’a pas toujours conscience des répercussions de la lumière sur sa fatigue et ses capacités visuelles.

Les éclairages doivent être adaptés aux conditions d’humidité (salle de bain, cuisine) et respecter les normes de sécurité. Le dégagement de chaleur de la source lumineuse doit être pris en compte si celui-ci est utilisé proche du visage (salle de bain).

Quand un aménagement individuel de l’espace n’est pas possible (dans les lieux publics, lors de déplacements pédestres, etc.), il est nécessaire de rechercher avec la personne un équipement spécifique (verres teintés, verres filtrants, visière…) qui limitera le risque d’éblouissement tout en conservant son potentiel visuel.

COMMENT FAIRE ?

La lumière doit être pensée en termes de quantité nécessaire (éclairement mesuré en lux), de qualité (température de couleur allant de l’apparence jaune-orangée à une teinte blanche-bleutée) et de l’orientation de celle-ci.

1/ Rechercher une ambiance lumineuse adaptée

  • L’éclairage naturel reste le plus adapté à condition de pouvoir agir sur l’entrée lumineuse pour éviter les gênes telles que les éblouissements, les reflets… Une installation à proximité d’une fenêtre peut être recherchée mais en se positionnant perpendiculairement à celle-ci.

Selon l’exposition, les besoins et les activités, de nombreux stores existent pour limiter l’éblouissement :

– stores intérieurs : – à lamelles horizontales

– à lamelles verticales

– tissus micro perforés déroulants

– filtres adhésifs sur fenêtres

– stores extérieurs

  • L’aménagement de l’éclairage artificiel  nécessite de mesurer l’éclairement (LUX) d’une pièce ou d’un plan de travail pour vérifier si la quantité est suffisante en fonction des besoins de la personne, de la nature de la tâche dans ce lieu (lire ne demande pas le même éclairement que faire la vaisselle) et si l’uniformité de l’éclairage est respectée.
  • Rechercher un éclairage homogène :
  • en apportant de la lumière dans les zones sombres,
  • en modifiant les types d’éclairage qu’ils soient directs (orienté vers le sol, plan de travail….) ou indirects (se reflétant sur le plafond blanc ou les murs),
  • en multipliant les sources lumineuses dans une même pièce, dans ce cas, une commande unique dès l’entrée est préférable.
  • Limiter les ruptures d’éclairage (entre deux pièces par exemple ou deux zones proches) par des dispositifs de détecteurs de présence. Ils permettent de déclencher l’éclairage artificiel spontanément lors d’un passage et seront à privilégier dans certains lieux (accès extérieurs ou entrée, escaliers, couloirs, WC…). Une attention particulière est alors à porter à la programmation du temps de latence de l’allumage.

2/ Améliorer la visibilité des objets et des obstacles pour une meilleure exécution des tâches et une diminution du risque de fatigue visuelle

  • Le choix de la température de couleur doit être fait par la personne, à son domicile et en situation réelle (selon sa situation de malvoyance et l’activité qu’elle fait). La température de couleur d’une lampe (mesurée en degrés Kelvins) correspond à la teinte apparente de celle-ci ; elle a une incidence sur le confort et les capacités visuelles de la personne malvoyante. Ses préférences seront variables (proche de la lumière du jour, teinte froide ou apparence jaune, teinte chaude) selon sa situation visuelle, l’activité effectuée et l’environnement proximal dans lequel elle se situe.
  • Des interrupteurs munis de variateurs pour moduler l’intensité de l’éclairage et l’adapter : – aux moments de la journée,

– à l’activité réalisée,

– à la fatigue visuelle du moment

  • Des lampes d’appoint à des endroits stratégiques (plan de travail de la cuisine, bureau, fauteuil, atelier) où les activités effectuées demandent plus d’éclairement (lecture d’une recette, d’un roman, d’un courrier, broderie, bricolage…). Exemples :
  • tube fluorescent extra plat ou spot halogène encastré fixé sous un meuble haut (photo cuisine AVJ), ou dans un placard, etc.
  • lampe à bras flexible et tête orientable,
  • torche, lampe de poche, lampe frontale pour se déplacer dans le sous-sol, trouver un objet au fond d’un tiroir, etc.

OÙ TROUVER « l’AIDE ECLAIRAGE »?

Il est indispensable d’être accompagné et guidé dans les choix d’aménagement pour obtenir un éclairage adapté dans le lieu de vie : un éclairagiste est une personne ressource en appui de l’ergothérapeute ou l’ergonome spécialisé.

Les filtres solaires peuvent être acquis chez des opticiens « basse vision » après évaluation du besoin (intérieur et/ou extérieur) en testant avec la personne concernée ce qui lui convient le mieux (essais et prêts, si possible en situation réelle, dans son lieu de vie).